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Etablissement Scolaire de Strasbourg de la maternelleème à la 5ème

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Aumônerie 2013-2014

Le mot des Aumôniers


Image de marque

« Dieu créa les êtres humains comme une image de lui-même».

Genèse 1, 27a


Aujourd’hui, lorsque nous savons que la réputation d’une personne peutêtre anéantie en 140 signes postés sur un réseau social, la question de l’image de soi, celle que nous donnons et celle qu’en perçoivent les autres, peut nous sembler être d’un enjeu capital.

Etre soumis au jugement des autres et soumettre les autres à notre jugement, n’est pas une nouveauté, mais nos références et nos points de comparaison se sont accrus de manière exponentielle, rendant les jugements plus sévères. La concurrence est grande et la pression de la performance inévitable.

Il ne s’agit pas simplement de constater avec résignation qu’il y a un diktat, - et nous en sommes tous les victimes -, mais de comprendre que ce diktat va jusqu’à modifier qui nous sommes tant il est difficile d’être plutôt que de paraître. Mais avons-nous le choix ? Professeurs, élèves, parents, animateurs, pasteurs, membres du personnel et de la direction, les attentes pour chacun des partenaires de notre communauté éducative sont exigeantes, car il nous faut correspondre à l’image souvent idéalisée que les uns se font des autres.

L’une des valeurs citée dans la charte de notre établissement est l’exemplarité (« exemplarité des éducateurs dans leur comportement et leur volonté à se constituer en communauté éducative ») : comment, dès lors, entendre l’injonction à donner la meilleure image de soi possible ?

Nous aurons beau faire, d’une manière ou d’une autre, face aux autres, nous révélons quelque chose de nous-mêmes, nos failles comme nos qualités. Et c’est tant mieux ! Tant mieux parce que l’exemplarité n’est pas infaillibilité, parce que l’exemplarité, dans son sens strict, a des limites qu’il nous faut reconnaître au risque de devenir un vilain manipulateur souffrant d’un complexe de supériorité.

De fait, notre attachement au respect, à la confiance, au partage, à la justice, à l’égalité, à la liberté, à la démocratie et à toutes les valeurs qui favorisent un mieux « vivre ensemble », dit en quoi nous pouvons être exemplaires : L’exemplarité n’est-elle pas d’abord de donner le goût de ces valeurs et, pourquoi pas, le goût aussi de l’utopie d’un monde qui pourrait être meilleur ?

Se construire une image flatteuse n’est pas, en soi, une tromperie ou une illusion parce que ce n’est pas là que se jouent nos relations aux autres. Chaque jour, tout au long de l’année scolaire, nous sommes dans un face-à-face avec d’autres, un face-à-face qui nous révèle et nous oblige.

« C’est lorsque vous voyez un nez, des yeux un front, un menton, et que vous pouvez les décrire, que vous vous tournez vers autrui comme vers un objet. La meilleure façon de rencontrer autrui, c’est de ne pas même remarquer la couleur de ses yeux ! » écrit le philosophe E. Lévinas (Éthique et Infini, Ed. Le Livre de Poche, 1982). Si nous suivons sa pensée, c’est notre visage qui nous expose, notre visage qui trahit nos troubles, nos émotions et notre vulnérabilité, qui nous définit au-delà des catégories imposées par la société, la culture ou l’esthétique. C’est notre être, et donc notre humanité, qui est ainsi révélé.

Et parce que notre humanité nous met à même hauteur de tous ou, comme le diraient la Bible et le théologien, parce que nous sommes tous créés à l’image de Dieu, nous devrions pouvoir nous tenir face à l’autre, sans complexe et sans jugement.

Gwenaelle Brixius et Eric Schiffer,
pasteurs-aumôniers du Gymnase



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